Dans un précédent article, nous avons expliqué pourquoi l’adoption technologique commence par une définition claire des besoins et du ROI attendu.
Mais une fois cette clarté obtenue, une question stratégique s’impose :
Faut-il acheter, intégrer ou développer sa solution technologique ? Le choix du modèle d’adoption a un impact direct sur les coûts, la vitesse de déploiement, la différenciation et la capacité d’évolution.
On ne choisit plus entre tout acheter ou tout développer
Pendant longtemps, les organisations faisaient face à un dilemme simple : acheter une solution clé en main ou développer une solution sur mesure
Aujourd’hui, on ne choisit plus simplement entre un logiciel tout-en-un (« buy ») et un développement de zéro (« build »). De plus en plus, les organisations qui réussissent leurs adoptions tech privilégient une approche hybride : acheter les commodités et construire la différenciation.
Il faut donc avoir en tête qu’il y a trois modèles, dont un à l’interstice des deux.
1. L’achat – solution externe prête à l’emploi
Dans ce cas, l’entreprise adopte un produit SaaS ou une solution standard. Ce modèle est rapide à déployer, mais souvent limité, sans cadrage ni accompagnement.
Ce modèle est particulièrement pertinent pour des fonctions dites « non stratégiques ».
2. L’intégration – solution externe configurée
Ici, l’entreprise ne se contente pas d’acheter un outil. Elle l’intègre à son écosystème existant (CRM, ERP, WMS, etc.).
Ce modèle est plus structurant et plus durable.
Il exige une bonne compréhension des flux de données, une vision claire des processus internes et une capacité à configurer et connecter les systèmes
L’intégration n’est pas nécessairement complexe. Dans bien des cas, quelques ajustements suffisent : 2 %, 5 %, 10 % ou 20 % de configuration peuvent répondre à un besoin réel sans devoir reconstruire entièrement la solution.
Comme le souligne notre directeur général, Richard Chénier :
« Il existe beaucoup d’outils spécialisés clés en main développés au Québec. L’avenir technologique de nos entreprises repose en grande partie sur ces solutions : des technologies profondes, développées par des entreprises spécialisées, qui répondent à de véritables besoins d’affaires. »
3. Le développement – solution propriétaire
Le développement sur mesure devient pertinent lorsque les besoins sont hautement spécifiques ou stratégiques. Quand touche au Core de l’organisation et de ce qu’elle offre à ses clients.
Ce modèle permet un fort potentiel de différenciation, un contrôle complet sur l’évolution et une meilleure protection de l’avantage concurrentiel. Mais il est plus exigeant en ressources, en gouvernance et en gestion du changement.
Le développement doit être réservé aux enjeux qui constituent réellement le cœur de votre avantage concurrentiel.
Pour mapper ce qui doit être construit, acheter ou externaliser : Wardley Mapping (https://youtu.be/Gfq3ocmadZo)
Comment choisir ? La règle du Core vs Context
Une règle simple peut guider la décision : distinguer ce qui relève du Core (cœur stratégique) de ce qui relève du Context (fonction nécessaire mais non différenciante).
Build (Core)
Construire ce qui constitue votre avantage concurrentiel unique.
Si un algorithme, un processus ou une fonctionnalité vous distingue clairement de vos concurrents, c’est un actif stratégique à développer.
Buy (Context)
Acheter ce qui est nécessaire au fonctionnement, mais qui ne crée pas de différenciation.
Par exemple, un système de paiement, un envoi d’emails ou un système d’authentification.
Investir en développement sur ces éléments mobilise des ressources sans créer de valeur distinctive.
Pour approfondir le sujet : Dealing with Darwin, How Great Companies Innovate at Every Phase of Their Evolution par Geoffrey Moore
Le rôle des experts technologiques
Choisir le bon modèle ne se fait pas seul.
Les startups et experts technologiques jouent un rôle clé pour tester des hypothèses, challenger les besoins, structurer les cahiers des charges, anticiper l’évolution technologique
Leur proximité terrain et leur capacité d’expérimentation permettent d’éviter un piège fréquent : investir massivement dans une solution qui sera dépassée à court terme.
Faire de l’adoption technologique une discipline
L’adoption technologique ne devrait jamais être improvisée.
- Clarifier le besoin.
- Choisir le bon modèle.
- Mobiliser les bons partenaires.
C’est cette discipline que l’équipe Adoption Tech de Québec Tech accompagne au quotidien.
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Samuel L. Audet
Gestionnaire des initiatives d’adoption technologique
Québec Tech
